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Main Authors: TIO BABENA, Gilbert Willy, WARAYANSSA MAWOUNE, NGARMBATEDJIMAL, Alexis, SALAMATOU ALHADJI
Format: Recurso digital
Language:
Published: Zenodo 2026
Online Access:https://doi.org/10.5281/zenodo.20275154
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Table of Contents:
  • <p class="INSTITUTION"><span>La <strong>philosophie de l’innovation</strong>, qui a encadré l’exécution de l’axe 3 « Les récits de la résilience : leçons de vie du parcours des déplacés, réfugiés et accueillants (Cameroun, Tchad) », invitait les scientifiques regroupés autour de cet axe à <strong>réinventer leurs pratiques de recherche</strong> dans l’optique de mettre à la disposition des citoyens d’Afrique et d’ailleurs des savoirs immédiatement accessibles. Il s’est concrètement agi d’une <strong>activité de recherche-création</strong> qui a consisté à produire des connaissances prêtes à être diffusées auprès des communautés locales et du grand public en combinant la dimension technico-artistique aux pratiques de recherche. L’axe a été conduit dans deux espaces géographiques et culturellement proches (le Cameroun et le Tchad). La dimension recherche a consisté à recueillir les récits des victimes et à analyser, dans les trames narratives, les invariants du parcours des résilients. La dimension création a permis de les réarticuler dans une série documentaire intitulé <em>Konngol <span>muny</span></em></span><em><span>ɓ</span></em><em><span>e</span></em><span>. L’</span><span>objectif principal était d’<strong>extirper dans les récits les mécanismes endogènes de la résilience en Afrique</strong>.</span></p> <p class="INSTITUTION"><span>Le documentaire bilingue <em>fulfulde-français</em> <strong><em>Konngol <span>muny</span></em></strong></span><strong><em><span>ɓ</span></em></strong><strong><em><span>e</span></em></strong><span>, son affiche et son portfolio sont les principaux résultats de l’axe 3. La série est composée de quatre épisodes dont les titres sont les suivants : « Le bonheur perdu » (épisode 1), « Et la guerre débuta » (épisode 2), « S’adapter ou périr » (épisode 3), « Rêve en couleurs » (épisode 4). </span><em><span>Konngol <span>muny</span></span></em><em><span>ɓ</span></em><em><span>e</span></em><span>, que l’on peut traduire par « la parole des patients », sonde les mécanismes de la résilience dans la mémoire vivante des rescapés (déplacés et réfugiés) de la crise Boko Haram qui a déstabilisé le bassin du Lac Tchad. Plus de dix ans après les premiers enlèvements et attaques, les quatre voix anonymes de ce podcast montrent sur quels leviers s’appuie la résilience des rescapés et indiquent aux acteurs sociaux et décideurs politiques les meilleurs voies et moyens pour approcher la question de l’humanitaire.</span></p> <p><span><span> </span>À l’issue de ce travail, il faut retenir que le terrorisme sur fond religieux s’apparente à une guerre idéologique dans la mesure où il vise à imposer, par la peur, un ordre religieux radicaliste. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, c’est à nouveau la croyance en un ordre divin et à des lendemains meilleurs qui intègre les principaux schèmes de la reconstruction. L’ordre social y est essentiel dans la mesure où il peut renforcer l’équilibre psychologique ou participer, au contraire, au déséquilibre. Les récits des rescapés nous enseignent que les programmes humanitaires jouent un rôle certain dans le processus de réhabilitation sociale, mais s’éteignent malheureusement avant même qu’ils puissent porter leurs fruits. Ces considérations amènent à conclure que les sciences humaines et sociales ont, entre autres, pour mission de panser les dégâts causés par la technologie de guerre.</span></p>